À la recherche du temps perdu — Un bonbonnière et la mémoire de la cour impériale — 1928
- Hamanaka Akiko

- 16 avr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 avr.

Une photographie datant de 1928, prise à l’occasion de laCérémonie d’intronisation de l’empereur Shōwa.On y voit mes arrière-grands-parents, présents à la cour impériale.
À cette époque, l’intronisation se déroulait encore à Kyoto.
La précédente, celle de la Cérémonie d’intronisation de l’empereur Taishō, aurait impliqué château de Nijō comme lieu associé.Pour l’empereur Shōwa, les cérémonies eurent lieu au palais impérial de Kyoto (salle Shishinden), suivies de banquets s’étendant sur deux jours.Mes arrière-grands-parents y assistèrent.
Leurs vêtements furent commandés sur mesure chez Daimaru à Kyoto.Mon arrière-grand-mère ne savait absolument pas comment se préparer à une telle occasion, et tout fut organisé par un certain Oyama, alors au service de mon arrière-grand-père.
Sa coiffure était un osuberakashi, réalisée avec ses propres cheveux.
Je me demande encore où, et par quelles mains, elle fut arrangée.
De l’ère Taishō au début de l’ère Shōwa, il devint d’usage à la cour impériale d’offrir des bonbonnières aux invités.
Celles-ci étaient commandées auprès de plusieurs ateliers, après comparaison.Il existait donc naturellement des variations dans leur fabrication.
Les archives indiquent que, lors des grands banquets, des bonbonnières en argent étaient distribuées.Cependant, celle reçue par mes arrière-grands-parents est en bois, ornée de raden (incrustation de nacre).
Modeste, mais d’une grande élégance,elle possède une beauté silencieuse.
Ma grand-mère l’enveloppa dans de la ouate de soie, puis la plaça dans une pochette en soie habutae, cousue à la main, la préservant ainsi à travers les années troublées de l’après-guerre.
Mon oncle racontait que les vêtements en pure laine de mon arrière-grand-père furent retaillés et portés jusqu’à l’usure.Le kouchigi, en revanche, ne put être vendu — sans doute parce qu’il n’avait aucune valeur marchande dans le chaos de l’après-guerre.
Et ainsi, en n’étant pas vendu, il resta.
Aujourd’hui, il se trouve entre mes mains.
Un petit bonbonnière, tenant dans la paume,à travers lequel je peux entrevoir l’époque de mes arrière-grands-parents.
Le chrysanthème impérial.Les grues en plein vol.
Chaque motif évoque la cour impériale.
Qu’était donc la cour impériale avant-guerre ?
Je ne peux que l’imaginer,en contemplant cet objet.
You may never wear a kimono. But you can wear the art of Wasai.
On ne porte pas forcément un kimono. Mais on peut porter l'art du Wasai.
— PASSIONEER



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