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À la recherche du temps perdu / Yukata Shibori d'Arimatsu-Narumi et la Culture de la Couture Japonaise | Coton Indigo du Début de l'Ère Showa

  • Photo du rédacteur: Hamanaka Akiko
    Hamanaka Akiko
  • 19 févr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 mars

Gros plan d’un yukata shibori Arimatsu Narumi en coton indigo époque Showa
Un yukata quotidien porté par ma grand-mère, transformé par le temps et le lavage.


Au début de l’ère Shōwa, ma grand-mère portait ce yukata.Dès le début de l’ère Meiji, les teintures chimiques se sont largement répandues, reléguant peu à peu l’indigo naturel et les procédés exigeants. Cette pièce n’y échappe pas : un bleu marine profond issu de pigments chimiques. Ce n’était pas un vêtement de sortie, mais un vêtement quotidien. Elle le portait après le bain.

Autour du col, une épaisse pièce de coton destinée à absorber la sueur — impensable aujourd’hui. C’était véritablement un vêtement de vie.

Le yukata en coton s’est diffusé parmi le peuple à la fin de l’époque Edo. Le coton et l’indigo formaient une alliance idéale : solide, lavable, adapté à l’été. La soie restait un rêve. Pour les gens ordinaires, c’était le chanvre ou le coton. En y ajoutant la technique du shibori (teinture par ligature), on associait beauté, fonctionnalité et démonstration d’un travail minutieux.

Pourquoi le shibori est-il si lié au yukata ?

L’exemple le plus emblématique est le shibori d’Arimatsu-Narumi. À l’époque Edo, les voyageurs du Tōkaidō y achetaient des serviettes à pois teintes par ligature. Les archives de Takeda Kahei Shoten mentionnent que le shogun Tokugawa Iemochi en acheta pour son épouse, la princesse Kazu, au retour de Kyoto. Cette technique remonte à l’Antiquité japonaise, à l’époque du Yamato.

Porter un yukata en shibori, c’est sentir les reliefs sur la peau. L’air circule entre le corps et le tissu. Dans l’humidité estivale du Japon, il ne colle pas. Voilà l’une des raisons.

Mais il y a davantage.

Pour un vêtement porté seulement durant une saison limitée, on noue le tissu point par point, créant des motifs d’une extrême finesse — comme si chaque goutte de sueur était absorbée. Quel luxe de travail pour un vêtement d’été.

Dans la production d’Arimatsu-Narumi, un artisan maîtrise une technique. Quatre techniques signifient quatre artisans. Une œuvre collective.

La couture japonaise est conçue pour être démontée et reconstruite. On découd, on lave, on recoud. La coupe droite ne change jamais. Un dessin vieux de cent ans ne se démode pas.

Le shibori s’aplatit peu à peu au fil des lavages. Ce qui semble une altération devient la preuve d’un amour porté dans le temps.

Quand je l’enfile, je rejoins le temps que ma grand-mère a aimé.

Voilà pourquoi je n’arrête pas. À la recherche du temps perdu — Structure du vêtement, en cours



Les manteaux nés de cette philosophie du vêtement.


On ne porte pas forcément un kimono.


Mais on peut porter l'art du Wasai.




1 commentaire


Bryndaa
24 févr.

À la recherche du temps perdu à travers l'Arimatsu-Narumi Shibori Yukata et la culture de la confection japonaise de l'ère Showa. Un voyage fascinant dans le passé, à la découverte de techniques artisanales ancestrales. Si vous êtes passionné par l'histoire du vêtement japonais, n'hésitez pas à découvrir des kimonos japonais modernes qui s'inspirent de cet héritage tout en adoptant des coupes et des motifs contemporains. Un mariage subtil entre tradition et modernité, pour un style unique et intemporel. Laissez-vous séduire par l'élégance du kimono, hier et aujourd'hui !

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