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À la recherche du temps perdu/Un kimono traversant les générations

  • Photo du rédacteur: Hamanaka Akiko
    Hamanaka Akiko
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

 Une jeune femme japonaise en furisode blanc orné de motifs de palais baroque et de rehauts d'or, photographiée lors de sa cérémonie de majorité à Tokyo dans les années 1950.
La cérémonie de majorité de ma mère. Le palais blanc scintillait de rehauts d'or appliqués à la main — une grandeur baroque tissée dans la soie.

La photographie de la cérémonie de majorité de ma mère.

À cette époque, le monde du kimono était envoûté par les influences Rococo et Baroque. L'esprit du Japon d'après-guerre — rattraper, dépasser — se coulait dans le dessin des étoffes. Un désir immense pour l'Occident s'était tissé dans la soie.

Le furisode de ma mère était blanc, orné de colonnes à entasis et d'un palais aux couleurs vives. Des rehauts d'or appliqués à la main faisaient scintiller le palais, lui donnant un éclat souverain.

Elle porta ce kimono lors de sa première rencontre avec mon père. Elle le porta de nouveau à leur mariage, pour la deuxième tenue de la soirée. Comme un banquet de printemps, le palais blanc devait resplendir ce jour-là plus que jamais.

Il avait été son compagnon au seuil de tout.



Le feuillet d'avril des Très Riches Heures du Duc de Berry, représentant un banquet de fiançailles printanier — une scène de célébration qui fait écho à l'histoire d'amour et de cérémonie de ce kimono.
Avril — Les Très Riches Heures du Duc de Berry. Un banquet de printemps. Ma mère porta ce même kimono à son mariage ce printemps-là, pour la deuxième tenue de la soirée.


Un kimono, contrairement au vêtement occidental, se trouve limité avec l'âge — certaines couleurs, certains motifs ne conviennent plus au fil des années. On ne porte pas un furisode de majorité à soixante ans. Et pourtant, le jeter paraît impensable. Il a marché aux côtés d'une vie entière. Il est témoin du temps.

Un kimono est fait pour être refait. C'est là sa nature, et sa promesse silencieuse.

Fidèle à ce principe, je décidai de transformer le furisode de ma mère en kimono pour la cérémonie de majorité de ma fille.

La soie blanche portait les marques discrètes du temps — des traces, les empreintes tranquilles des décennies. Belles en elles-mêmes, mais pas le bon commencement pour une fille entrant dans le monde.

Je demandai à ma fille ce dont elle rêvait.

Profond. Profond indigo-violet.

Le kimono fut teint. Le palais peint disparut sous la nouvelle couleur. Seul l'or demeura — scintillant, énigmatique, projetant une lumière étrange depuis les ténèbres.

Parce que le dessin original se trouvait sous la teinture, quelque chose d'inattendu émergea. La couleur nouvelle tomba de façon inégale, façonnée par ce qui était caché en dessous, créant des ombres et des profondeurs qu'aucun teinturier n'aurait pu prévoir. On se retrouve à s'approcher, à se pencher, à étudier la surface. Le chirimen vous attire vers le bas — vers les fonds marins, vers un temple ancien reposant en silence au fond de l'océan.

Soixante ans s'étaient écoulés. Et pourtant le chirimen était revenu — rené, transformé, vivant.

Un autre corps l'avait porté. Une autre vie l'avait appelé.

Le grand et brillant banquet du palais s'était dissous. À sa place : quelque chose de mystérieux, d'ancien, d'immobile.

Tenir ce chirimen rené, c'est commencer une descente.

Vers les profondeurs.

Une aventure romantique.


Un kimono ne s'achève jamais. Il respire. Il change. Il perdure.


On ne porte pas forcément un kimono. Mais on peut porter l'art du Wasai. — PASSIONEER



Une jeune femme japonaise en furisode indigo-violet profond aux rehauts d'or énigmatiques, photographiée lors de sa cérémonie de majorité à Tokyo dans les années 2010.
Soixante ans plus tard. Le palais disparut sous l'indigo-violet profond. Seul l'or demeura, brillant depuis les ténèbres comme un temple ancien au fond de l'océan.




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